Des chercheurs de l’Institut Jules Bordet (H.U.B) développent un modèle permettant de maintenir en laboratoire des fragments de tumeur ovarienne et de les exposer à différents traitements. L’objectif est d’étudier rapidement la réponse tumorale et les mécanismes de résistance, avec la perspective, si le modèle confirme sa capacité prédictive, d’apporter à terme une information supplémentaire aux médecins pour les aider à choisir le traitement.
L’approche développée par Meggy Suarez-Carmona, chercheuse ULB à l’Institut Jules Bordet, repose sur le prélèvement d’un petit fragment de tumeur lors de l’intervention chirurgicale. Celui-ci est ensuite maintenu vivant en laboratoire et découpé en fines tranches.
Ces différents fragments peuvent être exposés en parallèle à plusieurs traitements ou associations de médicaments. Les chercheurs peuvent ainsi observer directement les modifications provoquées au niveau de la tumeur.
« En seulement 48 heures, nous obtenons déjà des informations très précieuses sur la manière dont la tumeur réagit à différents traitements », explique Meggy Suarez-Carmona.
Cette méthode permet notamment d’étudier des médicaments ou des combinaisons thérapeutiques sans y exposer la patiente. Elle pourrait également contribuer à mieux comprendre pourquoi un même traitement se révèle efficace chez certaines patientes et pas chez d’autres.
Les travaux portent notamment sur l’immunothérapie, dont les bénéfices restent limités chez de nombreuses patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire. En étudiant les interactions entre les cellules cancéreuses et leur environnement, l’équipe cherche à comprendre ce qui permet à certaines tumeurs de résister aux traitements.
À ce stade, le dispositif reste toutefois un modèle de recherche et ne permet pas de choisir le traitement d’une patiente. Si sa capacité à prédire la réponse aux traitements est confirmée, plusieurs traitements pourraient à l’avenir être testés parallèlement sur une même tumeur après son retrait. Les résultats pourraient alors apporter aux médecins une information supplémentaire pour les aider à choisir le traitement le plus adapté à chaque patiente.
Les premières expériences sont prévues dès octobre, dans le cadre d’une collaboration entre chercheurs, chirurgiens et oncologues de l’Institut Jules Bordet.
« La recherche fondamentale peut parfois sembler éloignée des patients, mais ce sont souvent les découvertes réalisées aujourd’hui qui deviennent les traitements de demain », souligne Meggy Suarez-Carmona.








